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La descente aux enfers (#2)

Après quelques années de répit, me voilà donc arrivé saint et sauf à l’âge de 25 ans, c’est l’été, je suis en famille en bord de mer, et mon beau-frère me demande si je veux un apéro.
Un quoi? Un apéro, un verre avant de manger.
Là je découvre le pastis qui allait devenir mon compagnon et ruiner ma santé.
Je deviens surtout accro à cette nouvelle drogue pendant 30 ans dont 25 de manière quotidienne et les dernières années, je les passerai en enfer.

Cela a mis 5 ans à devenir un espèce de rituel quotidien cet apéro.
D’abord c’était à l’occasion, de temps en temps.
Ensuite c’est devenu le rituel du samedi soir, puis du vendredi ET du samedi. Toujours avec des doses raisonnables, un ou deux verres avant le repas.
Mais, l’histoire a montré que je ne résisterai pas à l’envie d’augmenter les doses d’abord et le nombre de verres ensuite.

Rapidement c’est devenu deux verres, tous les vendredis et samedis. Parfois quelques verres de pastis de plus après le repas pendant que les autres boivent du vin ou un pousse.
Enfin, à un moment je me sers un apéro en semaine de temps en temps.
Puis il n’y a plus de règles, je m’en sers un quand je veux…et les doses et le nombre augmentent inexorablement car “j’ai eu un rude journée! J’ai besoin de me détendre”.

Sans me rendre compte de quoi que ce soit, l’alcoolisme est bien là et pour toujours (mais je ne le reconnais pas). Je bois un jour sur deux car j’ai la gueule de bois le matin, donc le soir qui suit je ne bois pas. Mes nuits sont bizarres, je me réveille assoiffé, je bois des litres de soda par semaine, …

J’ai 30 ans et je trouve la parade à la gueule de bois: je me force (littéralement!) à boire tous les jours.
Brillante idée car cet entraînement va avoir raison de mes gueules de bois et me permettre de boire tant que je veux sans même réaliser que je perds le contrôle. 

Les années qui suivent vont être vivables (même si aujourd’hui je sais que je ne contrôlais plus rien du tout). De 30 ans à 47 ans, je crée une famille avec une super chouette femme. Nous avons deux splendides enfants, une fille et un fils, habitons de beaux endroits, nous vivons confortablement, bref un genre de conte de fée.
Mes occupations professionnelles vont d’ailleurs s’améliorer chaque année aussi et nous apporter de plus en plus de confort et de biens matériels

Pendant toutes ces années, le pastis est présent tous les jours. C’est la première chose que je fait en rentrant le soir et j’en bois généralement 2 ou 3 avant le repas en famille, puis je commence à prendre l’habitude d’en prendre un de plus en mangeant. A ce stade là, le ou les verres d’après repas ne sont pas loin et immanquablement je finis par boire toute la soirée, tous les soirs. 

Bien sûr la journée je travaillais comme si de rien n’était et le soir j’étais encore un père et un conjoint plus ou moins normal. Mais, encore une fois, l’alcoolisme est progressif et au fur et à mesure que ma consommation à augmenté, j’ai commencé à m’isoler dans mon bureau le soir pour trouver un hobby.

C’est à cette période là que l’égocentrisme à outrance a pris le pas sur toute autre considération. JE devais être satisfait!
Or je ne l’étais plus du tout ou en tous cas de moins en moins.
Donc je cherchais par l’obsession de boire, et de collectionner les montres par exemple, un rush de plaisir qui n’était jamais suffisant.

Avec un tel état d’esprit je me suis convaincu que si je n’étais pas heureux c’était forcément la faute de la société en général, la faute des autres, la faute des miens, de mes collègues et amis enfin bref, la faute de tout et tout le monde mais pas la mienne ni celle de mes attitudes qui devenaient de moins en moins normales.

Dans une espèce de brouillard permanent, de plus en plus en colère et apitoyé sur mon sort, centré sur ma seule et unique personne je n’ai rien trouvé de mieux que de provoquer la séparation d’avec ma compagne, et de briser une famille qui avait tout pour être heureuse.

C’est ainsi que je me retrouve seul dans la maison, à 47 ans, avec la garde des enfants une semaine sur deux et la vie va m’envoyer une nouvelle opportunité de m’en sortir. Malheureusement je n’aurais pas encore cet éveil spirituel nécessaire pour voir clair et je continuerai pendant quasiment 8 ans de plus à me détruire et à blesser tout le monde autour de moi.

La suite dans le prochain article/épisode.

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