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Après l’alcool

La vie est faite de bons moments et de moments plus compliqués.
Rien ne justifie que je prenne le premier verre, en tous les cas pas aujourd’hui.

Ce n’est pas le ou les derniers verres qui me rendent ivre, imbécile, égoïste et rempli d’apitoiement.
C’est le premier.
Quand je prends le premier, je ne m’arrête jamais “à temps”.
Donc, il suffit de ne pas prendre le premier. Quelle révélation ce fût!

En gros la vie a continué sur un plan pratique mais une chose a tout à fait changé: ma vision sur le monde et sur les autres est différente.
Je me suis jeté dans la fréquentation de ces pairs aidants, ces alcooliques qui ne buvaient plus et j’ai commencé à m’intéresser à la méditation.

Au lieu de ne penser qu’à mon prochain moment d’euphorie égoïste, je me suis ouvert aux autres et leur ai littéralement demandé de m’apprendre tout ce qu’ils savaient!
Au boulot, mon patron, ce Saint, m’a encouragé, lui qui m’a gardé malgré mon état lamentable des derniers mois, j’ai aussi commencé à l’écouter comme si je le voyais pour la première fois.

Pendant deux mois j’étais sur un nuage. Mes pieds ne touchaient plus le sol. Je découvrais ce qu’il y avait autour de moi et n’en revenais pas que la vie soit intéressante sans alcool.

Et puis, petit à petit, l’effet de la nouveauté s’est estompé. Le mécontentement est revenu. Une espèce d’insatisfaction chronique alors qu’il n’y a aucune raison aussi. Comme avant, la vie ne me semblait pas “facile”, pas “juste”.

Le 1er octobre, j’ai pété un câble, après deux mois de sobriété, j’étais fâché.
J’ai déclaré à mes amis alcooliques:
“Désolé, cette vie sans alcool c’est pas pour moi, merci, mais non merci”.
Mon plan était simple ce soir là: m’arrêter sur le chemin de mon appartement à mon ancien magasin d’alcool favori, acheter deux bouteilles de pastis (au cas où une ne suffirait pas), et faire un bon blackout.

Ce qui suit est à ce point incroyable que je ne vous en voudrai pas de ne pas me croire. Et pourtant c’est la stricte vérité.
Quelque chose qui me dépasse m’a de nouveau sauvé.

En approchant de mon magasin, qui se trouve dans une rue étroite par où doivent passer des bus, il n’y a pas de place libre pour garer ma voiture. Je ne peux donc que continuer à rouler sinon je bloque tout le monde.
Normalement j’aurais été encore plus en colère, mais non, au contraire je me sens serein. Après tout je vais bientôt avoir mon pastis.
Je me dis que je vais aller me garer sur le rond-point où il y a des travaux, il y a toujours de la place sur ce rond-point.

Tous les taxis de l’île semblent s’être donné rendez-vous sur ce rond-point ce soir-là et il n’y a pas une seule place pour moi.
Comme il y a de la circulation, je continue à rouler, toujours pas énervé, et finis sur la route nationale qui mène chez moi.
J’ai continué à rouler, je suis rentré chez moi, la compulsion s’était évanouie et je n’ai donc pas bu ce jour-là.

Oh bien sûr, quand la vie me semble très difficile, je me demande si mon ancienne façon de vivre n’était pas plus facile. Ceci veut dire, puisque je suis alcoolique, reprendre un petit verre!
Mais j’applique les enseignements que j’ai reçus et que je dois pratiquer chaque jour, un jour à la fois.
Car la vie est ce qu’elle est et, l’accepter telle qu’elle est, c’est le seul choix que j’ai.

Je vous reparlerai de ma vie quotidienne telle qu’elle est, depuis mon retour à Bruxelles en 2018.
J’ai retrouvé un travail que j’aime, des amis fantastiques, pleins de gentils alcooliques qui m’aident à rester abstinent et que j’aide aussi du mieux que je peux.
La recherche des projecteurs, de la gloire, de l’argent et des signes extérieurs de réussite pour “attirer l’attention” ne font plus partie de mes valeurs.

Tout ce qui semblait si important avant est futile maintenant. Je me sens beaucoup plus souvent paisible qu’irrité.
Chaque jour je me plonge dans le vie et en moi-même pour apprendre à vivre avec ma maladie. Il me suffit de ne pas prendre le premier verre aujourd’hui.
J’ai encore tant à apprendre que je suis très excité à l’idée de publier Alcoolique.org pour apprendre de vous et de vos expériences.

Suite dans un prochain épisode!
Il me tarde de lire vos partages 😉

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